
Rencontre avec M. Han Jian Jin, présent depuis l’ouverture…
Grâce aux excellents liens qu’il a tissés avec ses patients, M. Jian-Jin Han est devenu une figure incontournable du Centre Sinomed de Nyon. Arrivé en 2003 pour un séjour indéterminé, ce spécialiste en Médecine traditionnelle chinoise n’envisage plus de retourner à Shangaï.
Sinomed : Comment êtes-vous arrivé en Suisse ?
Han Jian Jin : En tant que professeur à l’hôpital de Shangaï, j’avais eu l’occasion d’apprendre le français lors d’une mission médicale au Maroc. Mon souhait le plus cher était de pouvoir développer, promouvoir et intégrer la MTC quelque-part dans le monde. Cela s’est concrétisé lorsqu’en 1997 j’ai eu la possibilité de faire un stage d’une année à l’hôpital universitaire de Grenoble. Lors d’une excursion aux alentours de Chamonix à la fin de mon stage en Isère, je m’étais trompé de chemin et j’étais tombé sur ce panneau indiquant Genève… Une destination qui me faisait souvent rêver car j’imaginais cette ville comme une des grandes capitales européennes, mais je n’avais pas le temps d’y aller car le moment était venu pour moi de retourner en Chine.
Une fois à Shangaï, un ami m’a proposé de venir travailler en Suisse, une proposition qui m’a enthousiasmé et que j’ai accepté. Je suis donc arrivé à Sinomed Montreux en 2003 et nous avons alors préparé l’ouverture du Centre Sinomed de Nyon. Je me rapprochais de Genève et je voyais mon rêve se concrétiser.
Sinomed : Etes-vous satisfait de votre vie en Suisse ?
Han Jian Jin : Ici, je me sens bien ; j’ai appris à connaître la Suisse grâce à ma curiosité et par de nombreuses balades faites le week-end, par certaines propositions ou anecdotes données par mes patients au cabinet médical. Certains sont devenus de véritables amis : grâce à eux, ils m’ont fait découvrir la vie de famille en Suisse avec ses traditions, certaines spécialités culinaires également ; celles-ci me sont d’ailleurs fort utiles parfois pour comprendre peut-être la cause d’une maladie ; en effet, ayant goûté les produits du terroir de plusieurs régions helvétiques comme celles de France ou d’Italie, il m’est plus aisé de conseiller à la personne malade la diététique adéquate à suivre afin qu’elle retrouve un meilleur état de santé.
J’aime cette douce quiétude, propice à la méditation, cette Suisse « propre en ordre », sans pollution à outrance comme en Chine; on sent qu’on peut faire et avoir confiance envers l’autre, qu’il y a de la bonté, de l’entraide mutuelle. C’est un peu de taoïsme que je retrouve également; je considère la Suisse respectueuse de la nature et de l’environnement; à ce propos, j’étudie avidement la botanique: forêt, herbes, plantes, champignons: la nature est un livre à ciel ouvert pour la médecine ! Lors de mes nombreuses marches en forêt ou en montagne, je rencontre d’autres randonneurs et c’est l’occasion d’un échange sur le végétal, le savoir-faire, la beauté du paysage, les habitudes culturelles… Que cette chaleur humaine est fort agréable ! Je n’ai pas de problème de langue, j’ai une communication facile avec les gens, je sais me débrouiller.
Sinomed : Votre famille et la Chine ne vous manquent pas ?
Han Jian Jin : J’ai habité Nyon pendant trois ans ; depuis 2007, je réside à Morges, ville paisible qui me plaît beaucoup. En 2010, ma femme est venue me rejoindre. Ensemble, nous profitons de chaque saison pour découvrir différentes régions de Suisse : en hiver, munis de raquettes aux pieds, nous faisons de longues randonnées, en été, parés de bonnes chaussures, nous marchons plusieurs heures d’affilée. Tout au long de ces années, j’ai photographié mes sorties et mis en ligne certaines prises de vue afin de faire découvrir la beauté des paysages suisses à ma famille et mes amis en Chine. Je reste en contact avec eux par ce biais et j’ai ainsi régulièrement de leurs nouvelles.
Sinomed : Comment envisagez-vous l’avenir ?
Han Jian Jin : Mes prochaines années, je les vois ici : j’ai besoin de cette ambiance, je me sens responsable de mes patient et je me suis attaché à eux. J’ai réussi à gagner leur confiance en leur proposant des traitements efficaces. Je reste pour la Médecine traditionnelle chinoise afin qu’il y ait une meilleure compréhension, communication, connaissance et échange autour de cette fantastique science.
Je profite de ce séjour pour apprendre le mieux possible la langue française, je participe aux Journées de la Francophonie, à des conférences, et je fréquente assidument la bibliothèque de Genève où je fais des recherches tant sur le plan de la langue qu’en matière de médecine. J’ai également présenté la Médecine traditionnelle chinoise dans le cadre d’une conférence à Genève, toujours pour faire la promotion de ce domaine qui me tient à cœur.
Le docteur Jian-Jin Han aime à parler de trois niveaux de Médecine traditionnelle chinoise en comparaison à la médecine occidentale que nous connaissons.
Un niveau supérieur où le praticien chinois gère l’état, la société, le pays ou encore l’ensemble dans lequel vit son patient.
Un niveau moyen où il traite l’être humain, des maladies psychiques et physiques.
Un niveau inférieur où il s’attache uniquement à guérison de la maladie en elle-même.


